Laissez-moi vous expliquer comment j'en suis arrivée là.
Nuit du 15 au 16 décembre 2017 - 5 heures du matin
J'en suis à 37 semaines de grossesse et je n'en peux plus. J'ai l'impression d'avoir une bombe a retardement dans le bidou prête à me pulvériser les organes.
Je suis une future maman plutôt paniquée à l'idée d'accueillir bientôt notre premier bébé. Vais-je savoir m'en occuper? Va-t-elle m'aimer? Est-ce que je l'aimerais tout de suite? Est-ce que G. (mon compagnon) ne va pas s'encourir à toutes jambes ? Surtout: et si le bébé était moche? Voilà autant de questions qui me taraudent depuis des semaines. Pour essayer de pallier à mon inculture en la matière, je lis énormément : livres spécialisés, blogs, forums, brochures,...
Au fil de mes lectures, cette phrase d'un article m'interpelle : "Manger épicé pourrait déclencher le travail".
En mode baleine sur le sable, n'y tenant plus, je décide de nous concocter des fajitas pour le souper. J'aurais pu prendre la sauce salsa douce mais non, j'ai pris la hot spicy (celle qui arrache quoi). À la première bouchée, G. grimace : " T'as fait tomber le pot de chili dedans ou quoi c'est immangeable". [Il a toujours été une petite nature] Personnellement, j'ai trouvé que ça piquait légèrement, j'ai donc mangé la quasi totalité de la préparation. Il était 19 heures.
Et 9 heures plus tard - à 5 heures donc (vous suivez?)
Je me lève toute chose. Il se passe quelque un truc de pas normal. Ni une, ni deux, je me presse aux toilettes afin de soulager une envie de pipi urgente. Et là! Je m'aperçois que mon pyjama est trempé. Je me dis que je suis arrivée trop tard, mais non, l'envie est toujours bien là.
J'ai alors oublié toutes mes questions et je me suis rendue compte que j'avais perdu les eaux.
16 décembre 2017 - 6 heures
Après avoir réveillé G. d'un tonitruant "Réveille toi, je crois que j'ai perdu les eaux" hurlé depuis les toilettes, j'ai pris ma douche, mangé un morceau et nous sommes arrivés aux urgences.
J'ai été très vite prise en charge. Une sage femme est entrée, nous a présenté une tigette, m'a dit que si au contact du liquide elle devenait verte, c'était bien du liquide amniotique.
Et là, oh magie de la médecine moderne, la bandelette à viré au vert en deux secondes, la tête de G. aussi qui réalisait qu'il allait bientôt devenir papa.
On a attendu plusieurs heures en salle d'accouchement, le travail n'avançant pas très vite, il a été décidé de me placer dans une chambre en attendant.
J'étais une vraie boule d'énergie, impatiente et terrifiée par l'inconnu. Pour me dépenser, j'ai donc monté et descendu les escaliers de l'hôpital, j'ai englouti un café et un pain au chocolat (ça m'a semblé si bon, surtout que ça m'était interdit).
Les heures passaient et mon corps se préparait petit à petit. G. n'en pouvait plus, alors que je m'exerçais sur le ballon pour atténuer les contractions, je l'ai retrouvé en train de dormir sur le lit. Pauvre petite chose surmenée.
16 décembre 2017 - 12 heures
Le travail avance trop lentement à peine 3 cm depuis la rupture des eaux. On décide de m'injecter une substance pour accélérer le processus.
16 décembre 2017 - 14 heures
5 cm, on progresse lentement mais sûrem.. Putain de sa mère que ça fait maaaal! La sage-femme n'a pas eu besoin de me demander 2 fois si je voulais la péridurale. Quand l'anesthésiste a fait opérer la magie de la fée péri, je lui ai dit que c'était ma personne préférée au monde ( apparemment il est habitué à ce genre de compliment).
16 décembre 2017 - 17 heures
Une sage-femme rentre en trombe dans la chambre, le cœur du bébé ralentit. Elle exécute quelques manœuvres. Les battements reprennent leur rythme, mais la stabilité n'est pas acquise. Les médecins décident d'arrêter l'administration du produit pour quelques heures.
Tout d'un coup, nous prenons conscience de la situation, rien n'est encore gagné, tout peut arriver. L'idée de devoir subir une césarienne d'urgence me mets en pleurs. J'essaye de me calmer mais je stresse déjà beaucoup pour ce mini-nous même pas encore sorti.
G. me conseille de me reposer (oui c'est facile), il s'endort un peu.
16 décembre 2017 - 20 heures
On remet en route la machine de distribution du produit. Le cœur du bébé est stable. D'heure en heure, le travail s'accélère. 6 cm - 7 cm- 10 cm.
16 décembre 2017 - 22 heures trente
10 cm ! Enfin ça y est, la plus grande rencontre de ma vie ne devrait pas tarder. La sage-femme qui m'a suivie jusqu'ici termine son service, une nouvelle prend sa place. Elle est beaucoup moins sympa. J'ai l'impression que le bébé descend, qu'elle va arriver incessement sous peu.
La sage-femme constate que la tête n'est pas loin, elle appelle ma gynécologue.
Je suis heureuse car je suis née le 16 juin, du coup le 16 décembre c'était une bonne date (16-16, 6 mois d'intervalle).
16 décembre 2017 - 23 heures trente
Le bébé est bien descendu, une vive douleur se fait ressentir dans mes côtes. La sage-femme me rassure, c'est bientôt terminé.
Ma gynécologue arrive (enfin), j'avais déjà très envie de l'expulser ce bébé.
On se met en place. G. me tient la tête et la mains. On refait exactement ce que nous avons appris à la séance de préparation. Je pousse bien, j'ai l'impression que c'est presque plié alors qu'en fait... la tête n'est pas encore bloquée. Je n'ai qu'une obsession: le chrono.
La sage femme me donne l'heure minute par minute. J'oublie tout ce qui m'entoure et je me plonge dans ma bulle. Plus rien n'existe à part mon souffle.
17 décembre 2017 - Minuit huit!
Dans un brouhaha revenant peu à peu, j'entends des félicitations, je sens un énorme vide. J'ai l'impression de ne plus être. On me dépose alors un tout petit machin sur le ventre.
J'avoue qu'à cet instant ça ressemble pas trop à grand chose. Mais je l'aime déjà énormément.
Il s'agit bien d'une petite fille (comme nous l'avions souhaité et prévu). Nous pouvons maintenant lever le mystère sur son prénom (secret bien gardé jusqu'à cet instant).
Chloé, Chloé vient donc d'arriver dans notre monde. Du haut de ses 2,365kg et 46,5 cm, ce mini-morceau de bonheur va avoir beaucoup d'amour, de câlins et de bisous à encaisser.
Dès que je l'ai eue sur moi, j'ai tout de suite su que c'était elle et personne d'autre. C'était une évidence.
Quand je repense à ces instants, je ressens toujours la même émotion. Chloé a maintenant 13 mois et se porte à merveille. C'est un bébé éveillé avec deux yeux gris-bleus grands ouverts sur le monde.
Chloé, c'est ma Noukette. C'est le premier surnom que je lui ai donné. Elle a l'air de l'apprécier puisqu'elle sourit dès qu'elle l'entend.
Avec Maman Noukette, je vous invite à partager un peu de notre quotidien, des astuces, des coups de cœur.